Je le savais, je m’y préparais depuis des mois et pourtant… Cela faisait quand même un choc. Debout devant mon lit, incapable de faire un geste et les larmes me brouillant la vue, je manquais m’évanouir. Il me quitterait, c’était officiel. Je ne voulais pas le suivre à New-York, pour une bête question de fierté personnelle, et nous savions l’un et l’autre qu’un amour à distance était pour nous impossible. Loin des yeux, loin du cœur, on a beau protester contre cet adage, il se révèle vrai le temps passant : l’absence de l’autre rend si malheureux qu’il vaut mieux cesser la relation dès le début. On souffre pendant un moment, puis cela s’estompe.
Mathilda : J’étais sure que tu serais là. Parle-lui, non ? Dis à Nathan que tu ne veux pas qu’il parte.
Raphaëlle : Ne te mêle pas de ça, Math’, s’il te plait… Je réglerais mon problème seule.
Mathilda : Si tu l’entends comme ça…

Essuyant rageusement les larmes sur mes joues, j’entendis la porte de la chambre claquer. Mathilda était repartie aussi vite qu’elle était venue, probablement vexée. Je n’y pouvais rien, l’apitoiement des autres m’apparaissant comme insupportable. C’était une histoire entre Nathan et moi, et les avis des autres m’importaient peu. J’étais capable d’aller parler à Nathan sans qu’on me le dise.
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