L’ambiance était relativement tendue, et c’est pourquoi l’alcool coulait à flots. Boire pour oublier, boire pour se créer un sentiment illusoire de bien-être et de réconfort. Boire pour être capable de rire avec les autres, de faire comme si de rien n’était. L’alcool aidant, je me décidais enfin à parler à Nathan de ce que je ressentais, mais j’avais l’esprit trop embrumé pour le lui dire clairement. C’est alors que j’avisais le karaoké, encore resté inutilisé depuis le début de la soirée. Voilà, j’allais parler à Nathan en chanson. Je savais même quelle chanson j’allais choisir. Encore heureux que Nathan était très bon en espagnol, il comprendrait toute la chanson.

Me dirigeant d’un pas titubant vers le micro, repoussant Nathan qui essayait de me garder assise, je m’en saisis, et, lançant la chanson, me tournais droit vers lui.